Saisir les couleurs du vivant
J’aime les couleurs de la nature, qui ne semblent vouloir être ni régulières ni définitives. Le bleu foncé du ciel d’hiver, le gris changeant des nuages chargés d’électricité, le rose vif laissé sur mes doigts après avoir mangé des framboises. Des couleurs fugitives, que j’ai envie de saisir.
Comme d’autres, j’essaie de les apprivoiser, de les faire passer des plantes aux fibres, des paysages aux vêtements. Comme si je cherchais à imprégner la fibre de cette intensité visuelle des couleurs naturelles : ni plates ni uniformes, elles changent et se nuancent avec la lumière ambiante, selon l’heure du jour.
La teinture végétale est pour moi une tentative de retenir les couleurs du monde, et de s’en faire une peau.